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5 janvier 2019 6 05 /01 /janvier /2019 09:41

APPEL DES 113

NOUS NOUS OPPOSONS AUX MODIFICATIONS DE LA LOI DE SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT DU 9 DÉCEMBRE 1905

 Depuis 113 ans, la Loi de séparation des Églises et de l’État est un texte fondateur de notre République. Cette loi et nulle autre, assure la liberté de conscience et affirme sans ambigüité ni faux-semblants que la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Elle garantit le libre exercice des cultes assuré par des associations dont l’objet et le patrimoine doivent être strictement cultuels.

 Par l’esprit et la lettre, elle œuvre au rassemblement des êtres humains par-delà leurs différences. Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, elle est au cœur du fonctionnement de notre vie collective, elle est le moteur du développement de nos libertés, elle contribue de manière décisive à l’égalité entre tous les citoyens quelles que soient leurs convictions.

 La Loi de 1905 est la clé de voûte de l’édifice démocratique et républicain qui nous abrite et l’expression de l’idéal de justice et de fraternité universelle qui nous anime. Le principe de laïcité qui en découle est si fondamental qu’il a été inscrit à l’article 1er de notre Constitution.

 Par l’universalité des principes qu’elle affirme et des dispositions qu’elle édicte, la Loi de séparation s’applique à tous les cultes et pose le principe de leur adaptation à la société républicaine. Non l’inverse.

 Les signataires de l’appel sont conscients des inquiétudes soulevées par les menées communautaristes et par les dérives intégristes de l’islamisme politique, qui affaiblissent la société française. L’organisation du culte musulman, la transparence de ses financements et le contrôle du respect de l’ordre public par les organes cultuels sont les trois préoccupations que met en avant le gouvernement pour envisager la révision de la Loi de séparation.

 En aucun cas la modification de cette Loi ne saurait être l’un des moyens de droit permettant de résoudre ces graves problèmes. L’organisation d’un culte et a fortiori ses principes théologiques ne regardent pas l’État mais les croyants et les pratiquants. La transparence du financement privé des cultes peut être assurée par des mesures de police fiscale et par des contrôles étroits autorisés par les lois françaises. La police des cultes est déjà entièrement contenue dans la Loi de 1905. Quant à la lutte contre les menées subversives et terroristes, elle ne relève pas de cette loi.

 Au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril, il ne peut être question d’affaiblir leurs fondations en ouvrant la voie aux exigences de tous les groupes de pression et en relativisant le caractère inviolable de leurs principes.

 C’est pourquoi les signataires demandent à tous les citoyens et toutes les citoyennes, toutes les associations, tous les syndicats, tous les partis politiques républicains de se rassembler autour de cet appel pour en faire une très large pétition nationale exigeant le respect de la Loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905.

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13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 15:51

Jean-Pierre Sakoun président du Comité laïcité République

  réagit à la réception par Emmanuel Macron du Prix Charlemagne,

à l'issue d'une messe.

Ce 10 mai 2018, M. Macron reçoit le prestigieux prix Charlemagne, que les dirigeants européens s'échangent aimablement pour se féliciter les uns les autres de leur engagement européen. 

Ce prix est décerné depuis 1950 à Aix-la-Chapelle après la tenue d'une messe, le jour de l'Ascension. A cette époque en effet les démocrates-chrétiens qui le créent sont à la recherche d'un idéal commun. Les premiers récipiendaires seront d'ailleurs tout ce que l'Europe compte de chrétiens engagés en politique, de De Gasperi à Monnet, Adenauer, Spaack et Schumann... Le Pape lui-même s'est vu remettre le prix en 2016..s

Quelques Français l'ont reçu, Jacques Delors, Simone Veil en tant que présidente du Parlement européen, François Mitterrand en même temps qu'Helmut Kohl en 1988 et Valéry Giscard d'Estaing, avec retard, en 2003. 

Caractère éminemment chrétien de ce prix

Il n'est donc pas surprenant qu'Emmanuel Macron en soit honoré en 2018, puisqu'à peu près tout ce qui préside en Europe reçoit un jour ou l'autre ce prix de bonne conduite européenne. Notons cependant que ses deux prédécesseurs, MM. Sarkozy et Hollande s'en sont vu privés. 

Il n'y aurait donc à première vue rien à dire de cet événement sinon "business as usual" ; après tout, fort peu de gens s'étaient émus de son pesant aspect religieux jusqu'à présent. Mais le caractère éminemment chrétien de ce prix entre en résonance avec les prises de position récentes du Président de la République.  

Depuis la campagne présidentielle, il ne cesse de parsemer ses discours d'indices convergents à propos de son penchant pour les enseignements de l'Église, en particulier dans la vie politique et dans le champ social. Rappelons les manifestations les plus récentes de cette propension à tenir compte de l'influence religieuse, malgré l'article 3 de la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen [1], l'article premier de notre Constitution [2] et l'article 2 de la loi de 1905 [3].  

Son étonnante critique d'une "laïcité d'abstention", manière dont Paul Ricoeur avait en 2004 critiqué l'interdiction des signes religieux à l'école, qui s'opposerait une "laïcité de confrontation", devant les Protestants réunis à l'occasion de la célébration des 500 ans de la Réforme. 

Ses voeux aux représentants des cultes qualifiés officiellement "d'autorités religieuses" - ce qui est une nouveauté dans la République laïque ! -, au cours desquels il aurait fait part de sa crainte devant la "radicalisation de la laïcité", à quelques jours de la Commémoration des massacres de janvier 2015, qui nous rappellent que ce n'est pas une pseudo "laïcité radicale" qui tue en France. 


 

•  Son discours des Bernardins du 10 avril 2018 devant les évêques de France au cours duquel parmi beaucoup d'autres déclarations surprenantes, il a déploré "le lien abîmé" entre l'Église et l'État et l'importance pour lui comme pour les "Monsignori" de le réparer... alors que ce lien n'existe plus depuis 1905. 

Le Président a enfin annoncé le 2 novembre 2017 son acceptation du titre de chanoine de Latran renouant ainsi avec une tradition que ni Georges Pompidou, ni François Mitterrand, ni François Hollande n'avaient jugé bon de remettre à l'honneur. 

Une inquiétude sur sa fermeté laïque

Les Français se reconnaissent laïques à près de 80%, avec constance, de sondages en enquêtes. Si cette messe et ce prix prennent un relief particulier, c'est bien parce que M. Macron a laissé s'installer chez nos concitoyens une grande inquiétude sur sa fermeté laïque. 

Depuis Clemenceau l'idéal laïque de nos élus s'est bien affaibli, alors qu'il est LA pierre angulaire de notre contrat politique et social, ouvrant ainsi grand la porte aux dérives de l'État et des collectivités dans ce domaine. 

De même que la Loi de 1905 ne fut pas contrairement à ce que disent certains le résultat d'une négociation entre la République et les églises, mais d'un débat parlementaire entre élus de la République, de même la délibération citoyenne ne peut être soumise à l'avis des forces religieuses. Qu'en serait-il aujourd'hui de libertés et de progrès tels que la contraception, l'IVG, le mariage pour les couples du même sexe, les modestes avancées de la loi Leonetti s'il en avait été autrement ? 

M. Macron a dit récemment à propos des débats éthiques, en s'adressant aux protestants, "la manière que j'aurai d'aborder ces débats ne sera en rien de dire que le politique a une prééminence sur vous". Nous pensions - peut être naïvement - qu'au-dessus des lois divines, il y avait les lois de la République. La Concorde républicaine n'est pas le Concordat. 

 

 

 

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 10:28

Que les citoyens Macron aient la nostalgie d'une France catholique et bien-pensante (Emanuel suivit sa scola­rité chez les Jésuites de la Provi­dence à Amiens et Brigitte, faut-il le rappeler, y fut professeur), c'est leur droit absolu puisque la loi du 9 décembre1905 garantit la liberté de conscience, c’est-à-dire le droit de ne pas être croyant, ou de croire, et la liberté de culte si on l’est.

 

Mais que le Président de la République française, Emanuel Macron, élu il y a moins d'un an par une immense majorité de citoyens, catholiques ou protestants, juifs ou musulmans, pentecotistes ou boudhistes, athées ou agnostiques, bref que le président de la République bafoue une loi fondatrice de notre République (¹)en répondant à l'invitation de la Conférence des évêques de France pour y déclarer, entre autre que 

« ...Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il importe à vous comme à moi de le réparer», voilà qui ne laisse rien augurer de bon pour la suite du quinquenat au regard de ce qui constitue le ciment de notre société, la laïcité.

 

    La laïcité c'est précisement la séparation de ce lien entre l'État et les religions, il ne peut donc avoir été abimé ! Et pour le Président et les évêques de France la « réparation » passe-t-elle, entre autre, par l'abrogation de la loi Taubira de 2013 ou un plus grand contrôle de la révisions des lois sur la bioéthique..?

     

    Oui nous sommes inquiets car après Sarkozy et son « discours de Latran » en 2007, une fois encore le premier personnage de l'État favorise et légitime une vision communautariste de la République française, fragilisant ainsi un des piliers de sa constitution.

     

     

    1) - art. 1er : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.. »

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    2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 07:04

    Le seul emploi du mot de « communauté » conduit à faire croire que les juifs ou les musulmansconstitueraient des blocs étrangers au reste de la diversité nationale

    C’est un mot effroyablement dangereux et, d’abord, fallacieux

    Il y a, bien évidemment, en France des Français juifs ou musulmans mais il n’y a pas, non, quoi qu’on entende nuit et jour, de « communautés » juive ou musulmane, pas plus qu’il n’y a de « communauté chrétienne ».   

    Il y a des chrétiens croyants ou incroyants, pratiquants ou bien peu, libéraux ou intégristes, de gauche ou de droite, hétéro ou homosexuels. Le seul point commun entre ces chrétiens de toute sorte est d’être de filiation chrétienne et il en va de même des musulmans ou des juifs. 

    Comme dans toute l’Europe et même dans les mondes arabes, il y a, en France, et toujours plus nombreux, des musulmans athées. Il y a des musulmans sur tout l’éventail politique et il y a, parmi eux, des entrepreneurs, des fonctionnaires des hôpitaux ou de la police, des médecins, des avocats, des ouvriers, des profs et bien peu, très peu, de ces dangereux misérables qui s’inventent dans le djihadisme la raison d’être qu’ils n’ont pas su trouver ailleurs. 

    Les musulmans sont aussi divers que les chrétiens, et les juifs le sont tout autant puisqu’on en trouve aussi dans tous les partis et dans toutes les professions, qu’ils peuvent être voltairiens ou confits en dévotions, aisés ou bien pauvres, comme l’était Mme Knoll, cette dame tuée par un assassin antisémite qui la croyait riche parce que juive. 

    Ce mot de communauté ne traduit ainsi pas la moindre réalité

    Pas la moindre, mais il est surtout effroyablement dangereux car, dès lors qu’on pense « communautés » on met en valeur des organisations censées incarner et représenter les juifs ou les musulmans. 

    Or, par définition, ces organisations regroupent, c’est le cas du Comité représentatif des institutions juives de France (CRIF), des associations et mouvements incroyablement divers et auxquels la très grande majorité des juifs ou des musulmans de France n’appartiennent pas pour la bonne raison qu’ils ne se définissent pas comme juifs ou musulmans, ou pas, en tout cas, comme d’abord juifs ou musulmans. 

    Le seul emploi de ce mot de « communauté » conduit ainsi à croire et faire croire que les juifs ou les musulmans constitueraient des blocs plus homogènes que les chrétiens ou les bouddhistes, des blocs qui seraient donc étrangers au reste de la diversité nationale, différents au moins et autres en un mot. 

    C’est faux et c’est dangereux

    Car c’est ainsi que les juifs, les musulmans, les Corses de plus en plus, et toutes les minorités sans exception deviennent autres aux yeux des autres.

    Ne reconnaissant que des citoyens, la République avait toujours refusé de reconnaître des communautés. Il serait urgent de s’en souvenir et de s’y tenir.


     


     



     

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    6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 08:59
    le Printemps Républicain, la LICRA et le Comité Laïcité République, avec le soutien de Charlie Hebdo, vous présentent Toujours Charlie !

    Madame, Monsieur,

    Les 7, 8 et 9 janvier 2015, la France était plongée dans l’horreur et l’effroi, assistant impuissante à la virée meurtrière de trois terroristes islamistes.

    A Charlie Hebdo et autour du siège de la rédaction, à Montrouge, à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, 17 de nos compatriotes furent tués parce que journalistes, policiers, juifs. A travers le choix de ces victimes, c’est à la France toute entière, à ce qu’elle porte et incarne à travers le monde que les terroristes s’en sont pris.

    La réponse du peuple français fut sans appel : le 11 janvier, 5 millions de nos compatriotes de tous âges et de tous horizons ont défilé dans les rues du pays, des crayons à la main, ovationnant les forces de l’ordre et se rappelant le temps d’un instant ce qu’ils avaient toutes et tous en commun : une certaine idée de la France et un attachement profond à ses valeurs, au premier rang desquelles la liberté d’expression.

    Mais rapidement, des fissures ont commencé à se faire jour. Le #JeSuisCharlie franc et massif exprimé par les français fut progressivement parasité par des #JeSuisCharlieCoulibaly, #JeSuisCharlesMartel ou des #JeNeSuisPasCharlie.

    Cet été encore, la « une » du journal publiée dans la foulée des attentats de Barcelone a montré à quel point ces expressions, groupusculaires et anecdotiques à l’époque, sont désormais assumées, incarnées et défendues par des personnalités de premier plan. Comme si le 7 janvier n’avait pas eu lieu, comme si les débats de l’époque n’avaient servi à rien, comme si les morts ne l’étaient pas : comme un sordide retour à la case départ !

    Parce que nous n’acceptons pas cette situation, il est urgent de nous réunir pour en débattre et pour rendre hommage aux victimes, celles de janvier 2015 comme toutes les victimes des attentats commis sur notre sol depuis Toulouse. Parce que le souvenir de ce qui s’est passé dans notre pays il y a trois ans est resté intact, parce que nous refusons le retour des polémiques et des procès d’intention que nous n’imaginions jamais revoir autour d’un dessin, le Printemps Républicain, la LICRA et le Comité Laïcité République, avec le soutien de Charlie Hebdo, ont l’honneur de vous convier à un évènement exceptionnel :

     

    #ToujoursCharlie !

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    5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 20:06

    FONTENAY LAÏCITÉ

    Son Président, Francis Piazza, et tous les membres de l'association

    vous présentent leur meilleurs voeux pour 2018

    "..Que dans une république laïque on puisse respecter les religions en autorisant leur critique, cela peut paraître une contradiction inadmissible..." écrit l'historien Michel Winock

    ...Mais c'est tout l'honneur de la République française.

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    9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 09:59

    Il y a 112 ans, le 9 décembre 1905, après de longues et rudes négociations, Aristide Briand faisait voter par l'assemblée nationale la loi de séparation entre les églises et l'état. Cette loi, initiée sous la IIIème République, a fait de la laïcité, dans son article premier, un des fondements de la Vème République « indivisible, laïque, démocratique et sociale... ».

    C'est cette vision, cette lecture de la laïcité que nous devons préserver. Elle est le socle sur lequel s'enracinent Liberté, Egalité, Fraternité.

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    2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 14:15

     

    Fontenay Laïcité

    vous invite à sa rencontre-débat

     

    "LA LAÏCITE AU QUOTIDIEN"

    à la Maison du Citoyen et de la Vie Associative

    16 rue du révérend Père Aubry 94120 Fontenay sous bois


    vendredi 8 décembre 2017 - 19h30


    Concrets et pragmatiques,  les échanges et le débat se feront à partir des situations de tous les jours, à l'Ecole, sur les stades, à l'hôpital...


    Pour en parler avec vous, nous avons invité des professionnels qui sont ou ont été confrontés dans leur pratique quotidienne à cette question :

     

    Philippe GUITTET

    Proviseur Honoraire du lycée Carnot

    ancien Secrétaire National du SNPDEN


    Annie SUGIER

    Ancienne directrice déléguée de l'Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire

    Militante laïque et spécialiste du droit des femmes et particulièrement des sportives lors des Jeux Olympiques


    Catherine VAUCONSANT, Directrice 
    Sonia NEURISSE, Directrice Ressources Humaines

    François VENUTOLO, Président de la Commission Médicale d'Etablissement 

    Centre Hospitalier de Gonesse
     

     

    Chargé de Communication Azdine BEN YACOUB – 06.12.42.66.91

     

    Maison du Citoyen et de la Vie Associative - 16 rue du Révérend Père Aubry

    94120 Fontenay-sous-Bois

    mail : fontenay-laicite@laposte.net

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    24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 07:44
    Tempête dans un bénitier

    Une simple croix de ciment va-t-elle exacerber un peu plus le conflit religieux que les dévots de tous bords s’échinent à entretenir ? On connaît l’objet du délit : à la suite de la plainte d’une association de libres penseurs, le Conseil d’Etat a désavoué l’érection d’une croix au-dessus d’une statue de Jean Paul II sur le territoire de Ploërmel en Bretagne. Aussitôt, les défenseurs des «racines chrétiennes» du vieux pays ont crié au scandale en stigmatisant une laïcité à leurs yeux dévoyée.

    On peut juger baroque d’interdire qu’une croix surmonte la statue d’un pape. Mais le Conseil d’Etat n’a fait en l’espèce qu’appliquer la loi de 1905, qui interdit l’apparition de nouveaux emblèmes religieux dans l’espace public en sus de ceux qui y sont déjà. On remarquera aussi que la Bretagne ne manque pas de signes religieux dans son espace public, c’est le moins qu’on puisse dire, et que la décision de la haute instance ne les menace en aucune manière. Si bien que la virulente mise en cause de cet arbitrage s’apparente de toute évidence à la critique à peine voilée de la loi de 1905, qui organise la pratique de la laïcité en France. Funeste tentation.

    En mettant en cause les excès supposés du «laïcisme», on peut à bon droit soupçonner que ces procureurs souhaitent en fait établir, ou rétablir, au nom d’une identité française marquée par la chrétienté, la prédominance psychologique, symbolique, et peut-être juridique, de la religion catholique en France. Le tout brandi au nom de la menace supposée que ferait courir à ladite identité l’émergence de l’islam. C’est rendre le plus signalé des services au communautarisme dont on déplore par ailleurs la montée en puissance. Si l’on affaiblit la laïcité, si l’on en déplore les «excès» (largement imaginaires) bien plus que les bienfaits, on offre un argument en or aux zélateurs des autres cultes, qui ne manqueront pas d’attaquer à leur tour le même principe, cette fois au nom de leur propre chapelle. En lieu et place de principes universels qui protègent tout le monde, on débouchera sur un affrontement qui sera tranché nom par le droit ou l’équité, mais par un simple rapport de forces. Aux décisions rendues sur la base des principes républicains, on substituera l’archaïque bataille des cultes et des identités. C’est-à-dire qu’on organisera, très consciemment, une régression majeure.

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    18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 14:37

     

    Fontenay Laïcité

    vous invite à sa rencontre-débat

     

    "LA LAÏCITE AU QUOTIDIEN"

    à la Maison du Citoyen et de la Vie Associative

    16 rue du révérend Père Aubry 94120 Fontenay sous bois


    vendredi 8 décembre 2017 - 19h30


    Concrets et pragmatiques,  les échanges et le débat se feront à partir des situations de tous les jours, à l'Ecole, sur les stades, à l'hôpital...


    Pour en parler avec vous, nous avons invité des professionnels qui sont ou ont été confrontés dans leur pratique quotidienne à cette question :

     

    Philippe GUITTET

    Proviseur Honoraire du lycée Carnot

    ancien Secrétaire National du SNPDEN


    Annie SUGIER

    Ancienne directrice déléguée de l'Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire

    Militante laïque et spécialiste du droit des femmes et particulièrement des sportives lors des Jeux Olympiques


    Catherine VAUCONSANT, Directrice
    Sonia NEURISSE, Directrice Ressources Humaines

    François VENUTOLO, Président de la Commission Médicale d'Etablissement 

    Centre Hospitalier de Gonesse
     

     

    Chargé de Communication Azdine BEN YACOUB – 06.12.42.66.91

     

    Maison du Citoyen et de la Vie Associative - 16 rue du Révérend Père Aubry

    94120 Fontenay-sous-Bois

    mail : fontenay-laicite@laposte.net

     

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